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Le grand saut…
La saison 2008-2009 commence sous le signe de l’engagement. Finie l’équipe de Brest, finie l’équipe de Saint-Renan, finie l’équipe de Plabennec. Et bonjour à la nouvelle équipe de féminines du Pays de Brest. Une grande (hahem…) et belle équipe (ah ça oui !) engagée à XV en D2. Wao… un très, très grand saut.
C’est donc à seize que nous nous retrouvons toutes sur le terrain de Ty Colo (et oui, quinze jours de préavis n’ont pas suffit pour faire tracer le terrain à Bel Air) en ce radieux dimanche de fin septembre pour ouvrir le championnat face à l’équipe de Rouen, arrivée dans son car tout rutilant de paillettes. Seize sur la feuille de match grâce à l’investissement de Marylus, normalement arrêtée pour blessure, mais qui ne devait entrer que pour une minute ; c’est amusant comme le temps est parfois victime de la théorie de la relativité (merci l’ami Einstein), car sous le soleil de Saint-Renan, cette minute s’est incroyablement étirée en trente minutes. Mais je m’égare, reprenons depuis le début.
Nous voilà donc toutes fraîchement engagées à XV, première fois pour beaucoup d’anciennes, et bien sûr pour les nouvelles, qui pour notre plus grand plaisir arrivent en masse depuis le début du mois ! Le soleil est au rendez-vous, et la chaleur également (bon sang qu’il fait chaud sous ces maillots à manches longues). Les spectateurs sont au rendez-vous, et savent donner de la voix ! Enfin, de quoi nous promettre un bel après-midi en perspective.
Et ce fut bien le cas ! Malgré la blessure de Marjorie dès le début de la première mi-temps, forçant Marylus à faire durer le plaisir dans ses crampons contrairement à ce qui était prévu, malgré la défaite 24-13, malgré la chaleur torride, … nous en avons pris du plaisir, énormément. Une équipe prometteuse, qui a su tenir tête à quinze pendant les 80 minutes – certes parfois interminables – mais pleines de promesses pour l’avenir.
Depuis la reprise fin août, nous avions travaillé inlassablement la défense. Et cet après-midi-là, non seulement nous avons prouvé que nous savions compté jusqu’à « 3 » (1… 2… 3), mais surtout nous avons démontré que nous savions appliquer, en plutôt brillamment, ce qui a été travaillé en entraînement. Alors certes, nous avons un peu pêché en ce qui concerne l’occupation de l’espace, l’essai qui a été inscrit a été un essai de pénalité attribué à « Guidon » (hein, c’est qui celle-la ?), mais il y a eu de belles actions, de belles tentatives (surtout le ballon dans l’arbre… hmm), de sacrés mises en danger pour les filles de Rouen qui ont été plus que surprises. Elles ne s’attendaient pas à cela en venant au fin fond du bout la pointe Bretonne.
Ne manque plus que la concrétisation !
Et ça ne saurait tarder, aux vues de ce que l’on peut produire à 16 dont une blessée !
Boulet du match : Josépha pour avoir déposé sa licence dans la boîte aux lettres du petit Kerzu
Crampons d’or : Le mari de Fabienne pour son aller-retour éclair au Faou, afin daller chercher les licences et ainsi nous permettre de jouer
Par Véronique.
Ambiance studieuse pour les joueuses de l’équipe du Pays de Brest au matin de ce fameux dimanche : toutes regroupées au fond du car, tandis que notre aimable chauffeur nos conduit vers la capitale bretonne, les visages sont concentrés et les yeux penchés sur un questionnaire surprise sur les règles de rugby – que l’on sait malheureusement ô combien sibyllines - : interro. écrite dès le matin, décidément notre coach n’a pas de cœurJ.
Nous rejoignons les vestiaires en début d’après-midi, après de multiples péripéties : visionnage du match précédent contre Rouen où chacune de nos erreurs est décortiquée – de quoi nous mettre le moral dans les chaussettes (de rugby, que l’on sait très profondes) –, pause déjeuner sur une petite aire de repos, chasse au trésor dans Rennes pour atteindre le stade vélodrome alors que tout le centre ville est bouclé pour la course à pied « Rennes Court ».
Dans les vestiaires, le ton est tout de suite donné, la concentration est de mise ! Avants d’un côté, arrières de l’autre, et chacune se met en tenue. Distribution des maillots, dernier petit tour aux toilettes, et nous nous dirigeons avec entrain vers le terrain baigné de soleil qui n’attend plus que nos crampons pour nous faire suer dans un long échauffement d’une heure et demie. Les filles de Rennes nous rejoignent peu de temps après, et chaque équipe dans son en-but, nous enchaînons les exercices pour nous préparer physiquement à affronter les quatre vingt minutes qui s’annoncent sous une chaleur, cuisante vue de l’intérieur de ces maillots trop grands à manches longues.
15h : le coup d’envoi est donné et les deux équipes gonflées à bloc se précipitent l’une vers l’autre. Avec au milieu de ce beau bazar, un arbitre qui – autant le dire tout de suite – brillera par l’incompétence de son arbitrage. Mauvais moment à passer, nous parvenons malgré tout à conserver notre calme durant toute la rencontre, malgré les fautes qui s’enchaînent – l’une d’elle conduisant malheureusement à une blessure de Delphine aux cervicales – et l’agacement qui fait serrer les dents (et les poings).
Côté technique, comme au match précédent, et encore mieux cette fois-ci, nous appliquons brillamment ce que nous avons travaillé en entraînement : la défense. Pas suffisamment malheureusement, permettant à l’équipe de Rennes de s’échapper pour inscrire quatre essais, mais nous montrons également ce que nous savons faire, avec, en deuxième mi-temps, deux essais aplatis par Soisig et Lydia (pour son premier match).
Score final : 24 – 10.
Et une très bonne expérience malgré la frustration due à l’arbitrage.
Après une bonne douche pour nous libérer de l’effort de la tension, troisième mi-temps chaleureuse sous une tente près du terrain avec les filles de Rennes, très longuement prolongée dans le car au retour, comme certaines de l’équipe savent si bien le faire (« Comment ça des chansons paillardes ? » « De l’alcool ? Moi ? »)
Une fois de plus, le résultat n’est pas à la hauteur de ce que nous aurions pu produire, mais il laisse espérer de très bonnes choses à venir.
Comme je l’ai toujours dit : une belle équipe pleine de promesses.
Boulet du match : Le père d’Hélène, qui a bien failli nous offrir un carton à force d’hurler sur l’arbitre (et pourtant, il avait de sacrées bonnes raisons J)
Crampons d’or : Laetitia, pour son premier match avec de beaux plaquages très prometteurs
Par Véronique.
Match du 10 octobre 2008
Après un match pareil, je crois qu’il n’est plus la peine d’essayer de décrire étape par étape ce qui a bien put se passer entre la première et la quatre vingtième minute. Le score parle de lui-même – 0/70 – et nul besoin de longs discours pour dire que nous n’avons pas été au meilleur de notre jeu ce fameux dimanche venteux (pour une fois, Sébastien Follin avait sous-estimé la force du vent) mais largement ensoleillé.
Non, après une telle après-midi, de telles discussions pendant la rencontre, sur le terrain après le coup de sifflet final, dans les vestiaires sous la douche, dans les voitures et autour d’une bonne piémontaise à la troisième mi-temps, je crois qu’il est important maintenant de passer à autre chose. Non pas rayer de notre mémoire le moindre souvenir de ce match, bien au contraire ! nous avons appris je crois énormément de choses ; mais plutôt voir tout cela comme une sorte d’élan à prendre, pour encore mieux rebondir dans les semaines à venir. Oh que oui nous en avons appris des choses, c’est toujours en se trouvant confronté à une équipe plus forte que soi que l’on n’en apprend le plus. Tâchons maintenant de tirer les leçons de nos erreurs, de nos ratés, de nos maladresses, de nos coups de gueule ou de déprime.
Beaucoup de blessures avant et pendant le match, beaucoup d’erreurs de défense, un manque de réactivité dans la montée défensive, et un énorme manque de vision du jeu. Alors ça, c’est pour le négatif. Maintenant, parlons un peu du positif. Une bonne mêlée, qui a tenu, s’est bien baissée, a mis la pression, et même chipée quelques ballons à l’adversaire. De bonnes touches. Quelques jolis plaquages.
Nous sommes vraiment une équipe prometteuse, qui se bagarre avec les difficultés – les blessures à répétition, les longues distances à parcourir chaque soir pour l’entraînement (les filles de Paris nous admirent pour ça, je peux vous l’assurer, elles qui n’ont qu’à marcher dix minutes pour être au terrain), les débuts difficiles dans un championnat de haut niveau à notre échelle, un recrutement parfois laborieux – mais nous avons su prouver ce week-end, sur le terrain, pendant quatre vingt minutes difficiles, que nous ne lâchions rien, jusqu’au bout nous nous sommes battues (même si du banc de touche ça ne se voyait pas toujours).
Ce que je garderai le plus en mémoire de ce match, ce sont ces quelques minutes – une pensée pour Hélène à qui elles ont du paraître terriblement longues en attendant l’ambulance avec son entorse cervicale – où nous nous sommes parlées, nous nous sommes encouragées, nous avons montré que nous étions toujours là et prêtes à nous battre jusqu’à la dernière seconde. Et nous l’avons fait, elles n’ont pas marqué d’essais de plus. Nous avons tenu cette promesse faite entre nous, dans les dernières minutes d’effort. C’est ça que je veux retenir, l’investissement et les encouragements mutuels. L’esprit d’équipe et la fierté de montrer que l’on existe dans ce sport, jusqu’au bout et quelque soit le score.
Pour le mot de la fin, je tiens à dire un grand merci à tous nos supporters qui sont restés avec nous jusqu’au bout, et qui nous ont soutenus dans chaque action. Ca fait chaud au cœur, et nous pousse encore plus à se défoncer, pour nous, pour eux, pour l’équipe et pour le sport qu’on aime.
Boulet du match : Elodie, pour un ballon gentiment offert à l’adversaire
Crampons d’or : Marylus, pour un tel investissement pour l’équipe qu’elle en a abandonné un match de foot à la mi-temps pour venir jouer avec nous (pour une fois, je citerai l’autre nominée, Rozen, qui a tenu à jouer malgré une belle gastro, et qui mérite tous nos remerciements )
Par Véronique.
Sept heures du matin. Les lumières du car s’allument sans préavis, nous tirant brutalement de la torpeur d’une nuit sans sommeil. Jetant des regards de chouettes courroucées, nous émergeons tant bien que mal de nos sacs de couchage tout en tentant de rassembler le peu de contenance que les couchettes nous ont épargné.
Quelque part une heure avant Nanterre, sur une aire d’autoroute glaciale, l’équipe féminine du Pays de Brest s’étire et se rue vers le relais chauffé le plus proche pour prendre d’assaut les premières tables. L’heure est au réveil des zygomatiques et du muscle gastrique devant un buffet d’eau chaude et de petits pains au lait (merci Léna), en attendant le décrassage des restes de muscles rendus douloureux par une nuit de ballottement, dérouillage prévu en arrivant à notre objectif du jour : Nanterre.
Peu après le péage de Saint Arnoult, certaines sont déjà parfaitement réveillées, balançant à qui veut bien l’entendre sur la quiétude désespérante de la campagne pré-parisienne et le vide astral des champs à perte de vue, sans la moindre trace d’océan. Dire qu’elles diront la même chose de nous en venant dans notre si belle région !
Dix sept heures. Des princesses endiablées aux allures d’ « useuses » (à bas les anti-néologismes) des trottoirs de Pigale défilent en musique : Fée Lation et autres Lilipute se croisent dans l’allée du car sous les flashs des photographes. Sur le chemin du retour, l’ambiance est survoltée. Chacun a revêtu son habit de lumière : Princesse ou Souillon ; hommage à la Cendrillon qui sommeille en chacune de nous, mais également en chacun d’eux, puisque Christopher nous gratifie d’une merveilleuse démonstration de transsexualisme dans une parfaite imitation de la célèbre Goulue du Moulin Rouge.
Retour un peu au sérieux, et à l’objectif premier de notre déplacement (comment ça certaines n’attendaient que la soirée princesse ?) : le match contre Nanterre.
Premier constat : Sébastien Follin devrait revoir la fiabilité de son échelle à météo. Soleil en quelques apparitions fugaces et pas la moindre goutte de pluie sur notre motivation gonflée à bloc ; de quoi faire mentir notre madame météo personnelle.
Deuxième constat : notre belle équipe sait décidément jouer avec les paradoxes. En d’autres termes : match gagné sur le papier, perdu sur le terrain. Je m’explique : les filles de Nanterre étaient à 14, nous avons donc gagné d’office 25-0. Mais malgré une bonne entame de match avec une très bonne pression et un premier essai inscrit par Rozen, nous perdons peu à peu de notre application après une demi-heure de jeu. Remotivation à la mi-temps, et à la reprise nous nous attelons à s’appliquer sur la défense (je vous rappelle, celle-là même qui prouve que nous savons compter jusqu’à 3 – enfin, ça dépend des fois – ). Malheureusement, nous faisons encore preuve de faiblesses dans les passes, les plaquages (satanés maillots moulants J) et la montée défensive, pas assez réactive.
Résultat du match : 22-5 pour Nanterre. Mais malgré tout une vraiment très bonne expérience sur le terrain, du plaisir à jouer tout en s’appliquant, montrant une nette progression depuis le début de la saison.
Il ne nous manque pourtant pas grand-chose pour concrétiser, reste à trouver ce petit plus qui nous échappe encore, laissant échapper une qualité de jeu largement à notre portée.
Quoi qu’il en soit, ce match a mené Didier à nous faire une promesse : du physique, on va en bouffer !
Mention spéciale au quatuor de choc :
Sab’ – Roz’ – Gwen – Véfa qui ont réussi haut la main (et en chantant juste, ou presque) le jeu de la chanson arrêtée sur « Requiem pour un fou » de l’indétrônable Johnny !
Boulet du match : Elodie, toujours, pour ne pas l’avoir ramené à temps tout en sachant qu’elle ne venait pas au match
Crampons d’or : Christopher, pour son merveilleux déguisement de Bimbo Blonde à la poitrine outrageusement généreuse (certaines en ont pali de jalousie)
Par Véronique.
Si l’on m’avait parlé du rugby comme d’un sport où le respect du jeu et de l’adversaire est une règle d’or, nous avons bien du nous rendre à l’évidence : tout le monde ne partage pas ce point de vue. En particulier les joueuses de Maison-Lafitte qui, ce dimanche, ont distribué à foison les coups bas, arrachages de cheveux, pincements, plaquages dangereux, griffures et essuyages appuyés de crampons sur les parties plus ou moins sensibles de notre anatomie. Autant dire que nous en avons vu de toutes les couleurs, et surtout rouge (et là ça n’avait rien à voir avec les maillots de Plabennec que nous portions fièrement).
Bref, revenons-en à ce qui nous intéresse toutes, au point de nous retrouver sur un terrain détrempé sous un beau dimanche pluvieux et venteux : le vrai rugby.
Tout d’abord, une grande fierté pour toute l’équipe, qui a atteint l’objectif que Didier nous avait fixé au début du match : tenir toute la première mi-temps. Nous avons tenu, bien tenu, et l’équipe adverse a fini par inscrire le premier essai uniquement quelques minutes avant la mi-temps.
Deuxième objectif lancé par Didier pendant les cinq minutes de pause : tenir encore trente minutes. Nouvelle fierté, trente minutes presque tenues en totalité. La fatigue venant, l’agacement – pour ne pas dire pire – face au comportement des adversaires, le dépit de les voir inscrire encore trois essais, tout cela aidant, nous avons fléchi sur les dix-quinze dernières minutes de jeu.
Au final, malgré le score de 0-20 au coup de sifflet final (avec trois cartons pour l’équipe adverse, dont un jaune, c’est dire si leur jeu était mauvais), un bilan tout de même globalement positif, en particulier pour le pack avant, qui s’est donné à fond, a bien défendu, a su mettre la pression (et qui est passé très près de recevoir un « Crampons d’Or » collectif).
Mais encore quelques difficultés dans la mêlée, dans les touches, et dans la circulation et conservation du ballon. Une fois de plus, nous montrons que nous savons jouer, un bon jeu, de qualité, mais qu’au-delà, nous ne parvenons pas à concrétiser. Pourquoi ? Comment y remédier ? Il nous reste quinze jours pour répondre à ces questions, quinze jours jusqu’à Vitry, dernier match avant la trêve hivernale.
L’essentiel de ce match, c’est l’équipe. Une équipe sur le terrain, une équipe à faire face, à se soutenir. Une équipe à s’amuser et à se donner à fond pour soi et pour les autres, toutes ensemble.
Boulet du match : Gwen, pour avoir laissé une empreinte – anatomiquement parlant – plus que marquante dans l’équipe adverse
Crampons d’or : Cathy, pour avoir joué et tenu au poste de pilier
Par Véronique.